Fév 06

Le syndrome poly-métabolique




Ce syndrome, que l’on appelait autrefois  le syndrome X, n’est pas une maladie, à proprement parlé, mais un ensemble de perturbations métaboliques qui sont des facteurs de risques cardiovasculaires.

Dans la grande majorité des cas, les individus atteints ne se sentent pas malades !

Ils ont juste  ‘  un peu de diabète ‘,  ‘ du cholestérol’ ,   » un léger embonpoint ‘ ,  ‘ à peine un peu de tension ‘     Rien de grave !!

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Mais pourtant, on sait maintenant que le syndrome poly-métabolique.

(SPM ) multiplie par 10 à 15 le risque de maladies cardio-vasculaires.

L’approche micronutritionnelle  de ce syndrome est essentielle, car grâce à elle il est possible de  redresser la barre avant l’apparition de problèmes sérieux

Comment définir ce syndrome ?

C’est un état dysfonctionnel,  qui associe au moins 3 anomalies :

­ – Une  adiposité abdominale , avec une valeur prédictive et diagnostique du tour de taille.

–   Une  hypertension artérielle, avec une TA supérieure à 130/85.

–     Une dyslipidémie, avec hypertriglycéridemie > à 1,50 g/l ,

et diminution du HDL < 0,40 g/l.

–    Une perturbation du métabolisme glucidique, avec une glycémie à jeun supérieure à 1,10 g /l.

?  En fait,  Un simple coup d’œil suffit pour suspecter un

syndrome métabolique :

c’est le tour de taille du patient, qui mesure l’adiposité abdominale .imagesca2horhw

En effet, le tour de taille est le facteur de risque clinique  le plus important de mort précoce.

On considère que les valeurs seuils sont :

Pour  l’homme  102 cm.

Pour la femme   88 cm.

Et c’est l’obésité sous forme de pomme qui est la plus dangereuse, du point de vue des complications cardio-vasculaires.

( L’obésité sous forme de poire est surtout un signe d’imprégnation œstrogénique )

A partir de 50 ans, on considère qu’un individu sur 3 souffre d’un syndrome métabolique

Ce n’est donc pas un problème à négliger.

La fréquence du SPM augmente avec l’âge, et est presque toujours plus élevée chez les hommes que chez les femmes.

QUELLES SONT LES CAUSES DU SPM ?

¨D’ abord une  prédisposition génétique : il existe un  polymorphisme génétique qui rend la gestion de la glycémie plus difficile pour certains individus.

¨Et surtout,  le mode de vie,  la culture, l’inactivité, le tabagisme.imagesca8hm2v8

¨ Le vieillissement joue également.

Pour reprendre une formule que j’aime bien, le syndrome métabolique, c’est :

le syndrome de la fourchette hyperactive et du pied  hypo-actif ‘.

Tout est dit !!

L’individu est donc en inadéquation avec son patrimoine génétique,

Car nous sommes programmés pour mettre en réserve les nutriments consommés, et qui ne sont pas utilisés.

Et c’est là tout le problème de nos sociétés modernes :   une alimentation de plus en plus riche en graisses et en sucres, et une inactivité croissante.

La majorité de la mortalité cardiovasculaire est le résultat de dysfonctionnements métaboliques, et les thérapeutiques classiques traitent  non la cause, mais les conséquences de ces dysfonctionnements.

Le cardiologue, par exemple,  au lieu de mesurer le tour de taille, mesure quelques paramètres et se contente de prescrire des statines , qui doivent tout résoudre.

Donc, syndrome multifactoriel, dont les causes varient selon chaque individu,  mais le commun dénominateur,

C’est l’insulino-résistance.

C’est à dire la résistance de l’organisme à l’action de l’insuline.

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L’insuline, c’est l’hormone clé du métabolisme

Elle est sécrétée par les cellules ß des îlots de Langherans du pancréas, en réponse à une élévation de la glycémie,

C’est l’hormone  du stockage, de l’anabolisme.

Et lorsqu’il y a hyperinsulinisme, l’organisme se met en mode ‘ stockage’,

et  bloque le déstockage.

Le résultat,  c’est que l’on accumule des réserves sans les utiliser.

L’insuline est une hormone qui permet de faire rentrer le glucose à l’intérieur des cellules, en activant un récepteur à la surface de la cellule (sur le modèle clé-serrure)

Lorsque ce récepteur ne marche plus, le taux de glucose augmente dans le sang.

C’est le ‘ petit diabète ‘ qui se met alors en place doucement.

Mais pour maintenir un fonctionnement normal des cellules, qui ont besoin de sucre, le pancréas doit produire toujours plus d’insuline, et à la longue  s’épuise.

Nous sommes alors dans le diabète de type 2.

? Les conséquences de cette insulino-resistance ne tardent pas :

–          Augmentation des triglycérides, du cholestérol.

–         Développement d’une  obésité  centrale, abdominale, avec accumulation d’adipocytes dysfonctionnels.

(car les cellules graisseuses, les adipocytes, sont de véritables glandes endocrines secrétant des hormones très importantes pour la régulation du poids, comme la leptine ) imagescazmtv1d

–         Dépôts intramusculaires de lipides, et développement d’une sarcopénie, c’est à dire une diminution de la masse musculaire au dépend du tissu graisseux.

–         Et au niveau hépatique :

? Apparition d’une stéatose hépatique non alcoolique , dans un premier temps ( le foie gras ! )

? Puis développement d’une NASH ( Hepatite steatosique non alcoolique , non alcolic steato hépatitis ) dans un deuxième temps, avec des lésions hépatiques.

L’inflammation est au cœur de l’insulino-résistance, par des phénomènes très complexes, en bloquant le bon fonctionnement du récepteur à l’insuline, et des transporteurs intra-cellulaires du glucose (les  GLUT4)

Le bon fonctionnement de toute cette machinerie extrêmement complexe dépend de l’environnement nutritionnel de l’individu.


–      Puis , dernier acte, élévation de la pression artérielle par des perturbations neuro-hormonales.

Petit à petit, chez ces individus que l’on dit ‘ bons vivants’  se mettent en place les éléments de ce syndrome métabolique.

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QUE PEUT-ON PROPOSER ?

Essentiellement  la prise en charge des dysrégulations  métaboliques.

–         Modifications des mauvaises habitudes alimentaires, en instaurant un modèle alimentaire.

–         Perdre du poids.

–         Pratiquer une activité physique régulière.

–         Prise en charge micronutritionnelle.

1.      Mise en place  d’une alimentation d’inspiration crétoise.

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?avec une  alimentation anti-oxydante : favoriser les fruits et légumes, les légumineuses, les céréales.

? limiter les acides gras saturés, les produits laitiers.

?  favoriser les viandes blanches et les poissons gras.

? conseiller les bonnes huiles : olive / colza.

? 1 à 2 verres de vin rouge par jour.

2. L’exercice physique.

Il faut rendre actifs les inactifs.

Permet d’augmenter la dépense énergétique, améliore la TA, la glycémie, le profil lipidique.

L’exercice physique permet une meilleure utilisation du glucose par les muscles, car il fait rentrer le glucose dans le cellule sans l’intervention de l’insuline.

3. Perdre du poids,

élément essentiel pour la normalisation des perturbations biologiques.    imagescafqv4ah

Mais pas n’importe comment !!

Seule l’approche micronutritionnelle permet, par la rééducation alimentaire, un résultat  qui doit se maintenir dans le temps.

Car, dans le cadre du syndrome métabolique, cette prise en charge doit se faire à vie !

C’est donc un profond changement du mode de vie et de l’alimentation qui doit se mettre en place, et c’est une chose difficile à faire prendre conscience à des individus qui se sentent en bonne santé, et ne sont souvent pas demandeurs d’une prise en charge !!

4. La complémentation  nutritionnelle.

qui ne peut être faite  que  par un professionnel  de santé formé à la micronutrition, après un bilan biologique nutritionnel qui seul permet de se faire une idée exacte  des perturbations  nutritionnelle de chaque individu, et permet  de guider la complémentation.

Citons,

? Les acides gras oméga 3.

? Les antioxydants.

? Les plantes anti-inflammatoires, comme le curcuma.

?Les probiotiques, pour corriger la dysbiose intestinale, qui apparaît selon des études récentes comme pouvant jouer un rôle important dans le développement de l’obésité.

?  l’apport de potassium, essentiel pour réguler la tension artérielle.

? des apports de chrome, de cannelle pour régulariser la glycémie.

Etc…

La prise en charge médicamenteuse classique ( Metformine pour réguler la glycémie, antihypertenseur, statines ) n’agit que sur la partie visible de iceberg, et ne s’attaque pas au problème de fond qui est l’inflammation et l’insulino-résistance.

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Devant l’augmentation, sinon l’explosion,  qui est bien visible,  de ce syndrome poly-métabolique, ( il suffit de regarder autour de soi )  doit faire prendre conscience que l’accumulation de ces quelques perturbations biologiques est le premier pas, heureusement  réversible, vers des complications cardio-vasculaires lourdes de conséquences

La prise en charge, certes à vie,  de ces perturbations, par une rééducation alimentaire, une remise en mouvement, est la seule manière d’inverser cette tendance inquiétante de  nos sociétés modernes.

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